Grand Raid du Morbilhan 2017

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Grand Raid du Morbilhan 2017

Message par Nicolas le Lun 3 Juil 2017 - 15:31

Premier échec en course…

A une semaine du départ, tout s’annonçait bien et j’étais prêt aussi bien physiquement que mentalement à aller au bout de ce grand raid.
Je pense avoir mené à bien une bonne préparation ces derniers mois, et suffisamment bien récupéré après le Lozère Trail.
Mentalement, j’étais prêt à souffrir, à courir plus de km et plus longtemps que jamais, à arpenter de longues portions de bitumes, monter et descendre d’incessants escaliers…
Mais en une semaine, la vie sait parfois nous remettre à notre place et nous signifier ce qui est important. Le très grave accident de voiture de mon beau-frère, dont l’issue est toujours incertaine, ainsi que la disparition tragique de Simon m’ont comme qui dirait « un peu perturbé »…
Toujours est-il, après longue discussion avec Anne-Cécile, que nous décidons que je participerai bien au grand raid, car la vie doit continuer, et pour nous changer un peu les idées.

A 5 min, du départ, je ne ressens aucune excitation, contrairement aux autres courses auxquelles j’ai participé. Au top départ, avec la musique et les encouragements, je suis heureux d’être là et je me mets dans ma course. Je suis content car nous avons retrouvé Patrice et Chantal avant le départ, et même si nous allons faire chacun notre course, je me sens moins seul au milieu des 967 partants pour le grand tour.
Mon plan de marche est clair : GERER. Donc j’ai prévu d’alterner course et marche dès les premiers km, 9 min de course, 1 min de marche. Evidemment, autour de moi, personne ne marche jamais, mais tanpis, je fais MA course, et j’espère que ma stratégie portera ses fruits.
Les premiers ravito arrivent, je respecte mon plan et mes allures, il fait jour, je me sens bien, c’est facile, je profite. 1er marathon en 5h05, c’est bien, je ne pense pas être parti trop vite, même si je sais qu’il me sera impossible de tenir ce rythme jusqu’au bout.
A partir du 52è km, je me rends compte que je n’arrive pas à bien m’alimenter, que les aliments que je mange habituellement ne passent pas du tout. C’est pas grave, ça va passer. Je calme un peu plus mon rythme, en enchainant 8 min de course (tranquille) et 2 min de marche.
Mon rythme restera plutôt correct jusqu’au km 82 et l’embarcadère pour traverser en bateau le petit bras de mer qui boucle le tout du golf. Traversée assez sympa, mais que de refroidissement et de difficultés pour s’extraire du bateau et relancer… Depuis quelques heures, je bois suffisamment, mais je mange très peu. Mon état passe de la nausée à une impression d’hypoglycémie, sans énergie. Du coup, les 5 km qui me séparent du ravito d’Arzon se feront en marchant lamentablement, à un 5 km/h de moyenne…
Tanpis pour mon plan de marche, maintenant, on oublie le chrono et je vais prendre le temps de me refaire la cerise. Je récupère mon sac d’affaire apporté par l’organisation, je me change complètement, je mange peu, je resterai 45 min. Il est 6h du matin, il fait jour, on est presque à la moitié du parcours et on attaque maintenant le retour, donc j’ai encore le moral.
Malheureusement pour moi, cet état nauséeux avec incapacité de m’alimenter correctement ne disparaitra jamais.
Au km110, je fais part à Anne-Cécile de ma lassitude, du fait que je n’arrive pas à prendre du plaisir dans ces conditions, malgré une météo favorable et des paysages marins enchanteurs. Je conviens de rallier Sarzeau (km122), le prochain gros ravitaillement, pour me laisser une dernière chance, et faire le point là-bas. A un bon rythme, mais toujours en marchant, j’y arrive après 18h de course. Je parviens à manger un peu (trop peu d’après Anne –Cé). Je m’allonge sur un lit de camp et m’endort. 30 min après, on me réveille. Endolori mais reposé, je tente le coup de repartir, après 1h10 d’arrêt. Je suis très large sur les barrières horaires, donc là n’est pas le problème. Le hic, ce sont les 55 km encore à parcourir, si je ne parviens toujours pas à courir un peu. Le miracle durera une demi-heure où j’ai trottiné quelques centaines de mètres. Mais ça en est trop pour moi aujourd’hui. J’ai beau chercher, je ne me trouve plus aucune bonne raison de continuer sur le moment.
J’arrive à Le Hezo, km 137, et je décide d’arrêter. 22h de course.
40 km sur 177, ça n’a l’air de rien, mais l’idée de continuer encore au moins 10 h avec les pauses, réattaquer une seconde nuit, je ne m’en sentais pas la force, dans ces conditions. Je ne suis ni triste, ni déçu, juste soulagé que ça se termine.

Aujourd’hui, je ne regrette pas ma décision d’avoir arrêté. Mes jambes vont bien, je ne me sens même pas trop fatigué. Je n’explique pas bien ces désordres gastriques.
Un jour sans ? Je l’espère
La marche était-elle trop haute pour moi ? Je ne pense pas. Malgré tout, cette course n’est pas à prendre à la légère malgré le faible dénivelé, elle présente de nombreuses difficultés. Au final, nous serons 349 à abandonner, soit 36% des partants…
Quoi qu’il en soit, je ne compte pas rester sur un échec, et il paraît qu’on apprend plus de ses échecs que de ses succès. Alors, tant mieux pour moi ! J’essaierai de revenir plus fort une prochaine fois.
Bravo à Benoit qui de son côté a rempli le contrat de très belle manière !
Bravo à Patrice, qui lui aussi malgré de petits troubles gastriques, est allé au bout, comme à son habitude. C’est une machine ! J’essaierai d’en prendre de la graine.
Merci pour les encouragements
C’était un très bon week end, une belle organisation, une région qui vaut le détour, une course à laquelle je reviendrai peut être me frotter, des bénévoles incroyables…
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Nicolas
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Re: Grand Raid du Morbilhan 2017

Message par Ludovic37200 le Lun 3 Juil 2017 - 20:40

Nicolas a écrit:Premier échec en course… [...]

Merci Nico pour le compte-rendu. Parler d'un échec quand on a fait 137km, c'est quand même un peu fort Smile mais je peux comprendre ton sentiment.

Ceci étant dit, ça peut poser de bonnes questions : pourquoi est-ce que ça ne passe plus au niveau de l'estomac ? Ça m'est arrivé lors du Lozère Trail, après 5 heures de course. Pourtant, je suis bien du genre à bouffer tout ce qui bouge Smile (Et je pense que tu es un peu pareil).

Pourquoi ne pas essayer le sans-gluten ? Ça passerait peut-être mieux.

C'est quoi la prochaine ? Il te faut tes points UTMB Very Happy

Ludo.
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